DE MADRID A DAKAR: Guillermo raconte…

Image

Salut, je m’appelle Guillermo et je suis un jeune espagnol très content de pouvoir vivre ici au Sénégal pour un temps considérable et connaitre la culture africaine et sénégalaise en particulier. Je suis arrivé au début du mois de février 2014 et je ne sais pas encore combien de temps je vais rester ici.

J´ai travaillé un peu mais je suis encore en train de commencer ma carrière processionnelle, et j’ai choisi Dakar. Je pense que maintenant, à cette étape de ma vie, c´est le meilleur moment pour chercher différentes expériences, voir le monde et découvrir ce que je veux faire de toute ma vie.   

Pourquoi le Sénégal ?

Tout le monde me pose la même question. Pourquoi Dakar et non Paris ou  autre ville de la France ? Mais ce que je peux dire , c’est que  j´avais de bons contacts au Sénégal et ma sœur habite ici depuis deux ans.  Bien que j’habite plus loin de mon pays, je me sens moins loin de ma famille à cause d’elle. 

Madrid-Dakar, ce qui a changé…

Ici c´est très différent par rapport à l’Espagne, le rythme de vie est très lent et parfois je dois faire preuve de beaucoup de patience parce que je suis habitué chez moi à  tout faire rapidement et ici la vie est très calme. La religion aussi accentue la différence. Des trucs normales et banales chez nous comme la consommation de porc ou de  l’alcool ne sont pas ici pas très communs.

Mais le plus important c´est que les gens ici  sont très sympas et tu je me sens très confortable avec tout le monde. Je ne parle pas wollof, j´espère l’apprendre. Quand je suis arrivé je ne parlais pas français et maintenant c´est ma priorité pour trouver un travail. 

Ce qui te manque… 

Surtout mes amis. La cuisine est bonne ici, le climat aussi, les gens sont très sympa mais on ne peut pas arriver dans autre pays et entretenir la même relation avec ses amis restés au pays. On se parle parle de temps en temps sur internet mais ce n´est pas la même chose.

 

 

Propos recueillis par Rémy Mallet, Journaliste-Blogueur 

COUPLES AFRO-OCCIDENTAUX: L’impossible amour ?

Doutes, Soupçons, Phobies, on voit le diable partout quand il s’agit d’unions entre africains et occidentaux. Et les médias ne font qu’accentuer les stéréotypes existants.

couple

Dans une émission diffusée sur une chaîne privée sénégalaise , une italienne a interviewé une de ses compatriotes qui a déversé sa bile sur son prince charmant sénégalais. Photographe de profession, la dame explique que son mari  sénégalais se serait volatilisé dans la nature quelques temps après son arrivée à l’eldorado.

‘’Arnaque sentimentale’’ : c’est le titre de l’élément vidéo en question dans lequel est relatée cette histoire. Rien que le titre  renseigne du parti pris de la sociologue italienne qui a réalisé l’élément. En effet, parler d’arnaque c’est déjà faire un jugement de valeur sur une histoire (à l’image de la majorité des difficultés au sein des couples), dont on ne maitrise en réalité pas le contenu.

Mais, là où il y a problème, c’est l’unilatéralisme que revêtent ces productions qui parlent des maux à l’intérieur des couples noirs-blancs. Dans la plupart des reportages sur le sujet, la parole est donnée à des femmes où des hommes blancs qui se plaignent des ruptures avec leurs amants africains.

Et très souvent, ils font mention de relations d’intérêt, en termes de papiers et de facilités de visa pour rejoindre la ‘’terre des merveilles’’, comme origine de la séparation.

Loin de moi l’idée de réfuter le consensus de beaucoup d’africains sur l’Europe, comme étant une porte vers le succès et la réussite. Mais le fait de vouloir simplifier la question des séparations des couples afro-occidentaux à une relation d’intérêt d’un conjoint à un autre est plus que problématique.

Cela est d’autant plus délicat qu’implicitement voire inconsciemment, le conjoint ou la conjointe africaine est  amenée à fournir un certain nombre de garanties pour prouver son réel amour.

Quelle est donc le type de  garantie qu’une  africaine devrait fournir pour montrer la sincérité de son amour envers son conjoint blanc ? En d’autres termes, quelle preuve attend-on d’une personne d’origine africaine pour montrer qu’elle n’est pas entrée un couple mixte pour un visa ou toute autre supposé avantage s’y afférant ?

On voit nettement le danger. Les stéréotypes négatifs effectuent une sorte de chantage psychologique à caractère subversif. Vouloir montrer les preuves de son amour et de son détachement à un supposé privilège discrédite la valeur profonde de ce sentiment. Si l’amour devient calculateur, ne perd-t-il pas tout son essence ?

Cependant, pour éviter l’unilatéralisme dans le discours, tentons d’aborder la question sous un autre angle.

Certaines femmes blanches fantasment d’avoir des rapports sexuels avec des africains, parce que ces derniers seraient plus virils au lit que les hommes blancs. Je n’ai lu aucune œuvre scientifique qui confirme ou infirme cette fable. Ce que je sais par contre, c’est que les clichés et autres stéréotypes sont en général très peu fondés sur la raison.

Mais dans le dernier  exemple, quelle preuve la femme blanche devrait-t-elle apporter pour montrer s’est engagée dans une relation avec son conjoint noir par amour et non pour sa prétendue efficacité au lit ? Voilà, une interrogation que les simplistes pourfendeurs des couples afro-occidentaux ne se posent jamais.

On peut m’opposer, pour répondre,  l’argument selon lequel  l’assertion de la virilité sexuelle des africains n’est pas prouvée. Quelle est alors la preuve mise sur la table pour prouver que les Africains sont plus tentés par les possibilités de voyage que par l’amour qu’ils ont pour leurs conjoints occidentaux ?

Dans les deux cas, on voit bien que nous faisons face à des phototypes qui nuisent les relations. Car  la thèse de la recherche de papiers qui soutiendrait tout désir d’un africain de se lier à une blanche  peut se frotter à l’appréciation selon laquelle cette dernière est à la recherche de la présumée virilité sexuelle. Dans ce cas, tous deux auraient des intérêts réciproques.

Cela nous amène à mettre un peu d’eau dans notre vin dans notre quête des raisons et origines de ruptures des couples afro-occidentaux. En France, par exemple, et il  s’agit pas de couple français, en 2011, 44,7% des mariages finissent en divorce. Les Etats-Unis font partie du peloton de tête des pays où le taux de divorce est très élevé. Environs 55% des mariages se terminent par une séparation. Peut-on en déduire qu’ils ne se sont pas aimés au début ?

Pourquoi voudrait-on enfermer les sources des séparations des couples afro-occidentaux à des intérêts assouvis ? Pourtant, il y a autant, voire plus de séparations au sein des autres couples, comme nous le montre les chiffres plus haut.

La simplicité et la légèreté dans les jugements sont au début de nombreux glissements. Si chaque être est unique, tous les couples ne seraient-ils pas mixtes ?

 

Les faits étant sacrés mais le commentaire libre, voici le lien de l’élément vidéo en question:  http://carrapide.com/yamatele/82899/parmi-nous-sur-larnaque-sentimentale-avec-chiara-barison-dans-yeewu-leen-du-mardi-07-janvier-2014-tfm

Rémy Mallet , Journaliste Blogueur

Escale chez Michael Jeismann, directeur de l’Institut Goethe Sénégal : ‘’ On ne peut pas raconter n’importe quoi sur l’Allemagne ’’

Image

Photo : Lore Kurtz

Il faut gravir cinq échelons pour rencontrer Michael Jeismann ou ‘’Michel’’ comme il nous le recommande gentiment au cours de notre entretien. Mais avant d’arriver à lui, au 4ème étage déjà c’est l’Allemagne qui nous accueille : le palier est destiné aux cours de langue.

Lire la suite

Yen A Marre: Où est donc votre "Nouveau Type de Sénégalais" ?

yenamarre

‘’Sentinelles de la démocratie’’, ‘’Éclaireurs sociaux’’ : les mots n’ont pas manqué, sur le plan national et surtout international, pour qualifier l’engagement de Y en A Marre,  lors de sa création en janvier 2011.  Hélas aujourd’hui, on est tenté de dire que cet engagement n’était que de façade.

Il y a deux ans les voix discordantes à l’endroit de ce mouvement n’ont pas reçu un grand écho. Certains ont estimé que Yen A Marre avait des soutiens politiques, vue sa détermination à s’opposer contre la candidature d’Abdoulaye Wade.

Après avoir vivement combattu le leader du Parti Démocratique Sénégalais, le mouvement qui a appelé à la naissance d’un Nouveau Type de Sénégalais (NTS), s’est presque réduit au silence. Comme si le combat qu’il avait mené était tellement difficile qu’il avait en quelque sorte accompli sa mission.

En tant que mouvement citoyen, on a du mal à croire ce qui empêche ses précurseurs de se donner les moyens pour mettre en œuvre le NTS qu’ils ont théorisé.

Jamais Y en A Marre n’a mené une campagne pour sensibiliser sur le Sénégalais qui jette les ordures par terre dans la rue. Jamais Y en A Marre ne s’est battu avec vigueur contre le Sénégalais qui ne respecte pas les feux de signalisation. Le mouvement semble ne pas en avoir marre des accidents à répétition. Jamais ce mouvement ne s’est érigé contre le Sénégalais qui préfère traverser une voie au lieu d’emprunter le pont pour piéton. Le mouvement Y en A Marre ne s’est jamais penché sur la question du Sénégalais et de son rapport au temps. Jamais, hélas jamais, on a vu ses responsables mener des marches pour demander aux fonctionnaires de venir à l’heure au travail.

Les exemples de civisme sont légions. Et sur ce terrain, Yen A Marre est aux abonnés absents. Pourtant, ces questions précèdent tout développement.

On a plutôt vu, tout sourire, ses responsables accueillir Laurent Fabius à leur siège dans la banlieue de Dakar. La visite du ministre des affaires étrangères  françaises ainsi que  les invitations à venir partager leurs expériences dans le monde, ont conduit ce mouvement dans une sorte de suffisance.

Suffisance, dans le sens où ils croient avoir obtenu une médaille et se muent aujourd’hui dans le rôle de conseiller ou de coach pour les autres. Mais en se penchant de si près, on note que ce mouvement n’a rien gagné de concret. Il voulait que Wade retire sa candidature, Wade l’a maintenu. Sa récompense se serait jouée là.

Par rapport au rôle de coach, il y a quelque temps, Yen A Marre a apporté son soutien à un mouvement de gambiens résidant aux États-Unis et farouchement opposé au régime Jammeh. A Dakar, ils se sont associés à ces gambiens pour annoncer une plainte contre l’homme fort de Banjul.

Ce que Yen A Marre oublie peut être, c’est que contrairement à son NTS, le chauffeur gambien n’oublie jamais de mettre sa ceinture de sécurité au volant. Le citoyen gambien a beaucoup à apporter à son voisin sénégalais sur le plan du civisme.

Si le combat de Yen A Marre devrait se limiter qu’au champ politique, qu’il devienne un parti. Sur les questions politiques, l’opposition et ses députés font leur travail. Par contre si Y en A Marre est un mouvement citoyen, le combat doit être aussi mené sur des questions aussi importantes que le civisme. A quand le nouveau type de sénégalais ?

SENEGAL : Pourquoi acceptent-elles la polygamie ?

Image

A Dakar, les unions polygames n’ont pas baissées contrairement aux prévisions

Ils avaient prédit la mort de la polygamie, ils ont vu tout faux. Les démographes espéraient que cette pratique disparaitrait à Dakar en raison son urbanisation accélérée. L’idée derrière ce raisonnement serait que la polygamie a de fortes chances de perdurer en mode rural plutôt qu’en milieu urbain.

Lire la suite

Incivisme dakarois ou la théorie de la désobéissance organisée

Image

Du haut du pont pour piétons du Cices. On aperçoit nettement la longue rangée de barre de fers qui sépare la voie. Elle sera endommagée quelques mois après par des piétons voulant se frayer un chemin et éviter d’emprunter le pont.

Une femme courant sur un passage clouté fini par ralentir quand le chauffeur dans la voiture s’arrête en lui indiquant qu’elle peut traverser. Elle lui fait un signe de main en guise de remerciement. Le dernier hoche la tête. Pourquoi cette dame courait-elle et s’enfuyait-elle devant son droit ? Pourquoi a-t-elle remercié le chauffeur qui n’était pas dans ses droits ?

Lire la suite

OFFENSE AU CHEF DE L’ETAT: Macky Sall ou l’homme allergique aux critiques !

Image

Je ne nourris aucune affection singulière, encore moins une estime personnelle pour Sidy Lamine Niasse.  Mais ce monsieur a quelque chose  de particulier : le pouvoir de donner à ses propos un caractère extra-médiatique, surtout quand il tape sur le gouvernement. Ses dernières invectives à l’endroit du chef de l’Etat peuvent en témoigner.

Lire la suite